L e  M e n d i a n t
e t  l e  M i l l i a r d a i r e

    

C'est l'histoire d'un mendiant...


... qui rencontre un milliardaire. A moins que ce ne soit le contraire...  Il y a aussi un jeune homme en recherche de travail - Samuel -, une Bibliothécaire un peu spéciale, un bien curieux Majordome... Difficile, à vrai dire, de décrire l'histoire sans en révéler les nombreux rebondissements... Deux histoires se croisent et se rencontrent, deux cheminements avec pour point commun un mystérieux Petit Livre Bleu... C'est la rencontre d'un homme déboussolé - le riche Jean-Jacques - avec une morte, un sage, une retraitée et un malade...  C'est l'histoire d'une prise de conscience et d'une renaissance... C'est le point de vue original sur la société d'un mendiant philosophe et la remise en cause d'un système "loi de la jungle" déconnecté des valeurs de l'homme... C'est une histoire à dialogues et à messages où chaque protagoniste se découvre, se réalise et apprend à s'apprécier au contact des autres... C'est un conte avec des faits avérés, un roman avec des personnages humains, un essai dont les données sont malheureusement d'actualité...  C'est un conte à rebours du système...
 

L'histoire du Mendiant remonte à 2004. Je venais de terminer la rédaction d'un ouvrage "pratique" intitulé "L'Autre Choix: choisir la liberté et le bien-être" et je me suis interrogé sur l'opportunité d'en transcrire les idées les plus essentielles sous la forme  d'un petit conte, plus facilement accessible qu'un ouvrage de 500 pages...

La première mouture du Mendiant fut écrite en Août 2004 et le moins que l'on puisse dire est que ce n'était pas terrible... notamment du point de vue scénaristique. La seule  occupation du jeune Sam - qui deviendra ensuite Samuel -  était d'aller à la bibliothèque et de commenter les différents livres empruntés:

  • Dale Carnagie, Comment se faire des amis, Livre de Poche, 1936
  • Anthony Robbins, Pouvoir illimité, Robert Laffont, 1986
  • Richard Carlson, Ne vous noyez pas dans un verre d’eau. Simplifiez-vous la vie !, J’ai Lu, 2001
  • David Servan-Schreiber, Guérir, Robert Laffont, 2004
  • Alain, Propos sur le bonheur, Gallimard Folio, 1928.
  • Matthieu Ricard, Plaidoyer pour le bonheur, Nil Eds, 2004
  • Pascal Bruckner, L’Euphorie perpétuelle, Grasset, 2000
  • Dalaï-Lama, Guérir la violence, Plon, 1998
  • André Comte-sponville, Le bonheur désespérément, Editions Pleins Feux, 2000

Voici par exemple le commentaire de Sam sur le fameux ouvrage d'Anthony Robbins (section non retenue dans le conte final):
 


Le deuxième livre était bien plus volumineux. A en croire Anthony, Robbins était vraiment quelqu’un d’extraordinaire ! Le rêve américain personnifié ! « J’entendais parler de lui depuis plusieurs mois. On disait qu’il était jeune, riche, en bonne santé, heureux et qu’il avait réussi » commençait le livre. Modeste en plus, osa Sam… Au départ, pourtant, ça n’allait vraiment pas : le brave Anthony se trouvait trop gros. Rendez-vous compte : pour 1,98 m, il pesait 134 kilos ! Anthony était malheureux et avait des difficultés à communiquer avec les autres. Heureusement, grâce aux techniques dévoilées dans son livre, tout changea !

Cette entrée en matière correspondait aux préjugés de Sam en matière de développement personnel : une personne qui a réussi selon ses propres critères donne des leçons de vie aux autres et leur promet la réussite s’ils suivent ses conseils. Et cela se passait aux USA en plus, c'est-à-dire sur une autre planète. Mais la curiosité de Sam avait été titillée. C’était bien là le but…

En deuxième page, Anthony donnait sa définition de la réussite : « Pour moi, la réussite, c’est le processus par lequel on s’efforce de devenir « plus » Cela avait le mérite d’être clair : nous n’étions pas dans le mieux-être mais dans le plus-être. Anthony n’oubliait toutefois pas les autres : « apporter quelque chose de positif aux autres », « contribuer au bien des autres »,… Si Anthony avait trouvé le moyen de réussir financièrement tout en préservant sa générosité, son expérience méritait peut-être que l’on s’y arrête. Après tout, combien de personnes pouvaient se targuer à 25 ans de posséder un château, de conseiller des chefs d’Etat, d’aider des enfants handicapés et d’avoir perdu 15 kilos ?

Anthony commençait par citer quelques exemples de réussites et en tirait sept mécanismes de base : la passion, la conviction, la stratégie, la clarté des valeurs, l’énergie, l’art de se lier et la maîtrise de la communication. [...]

La communication avec soi-même constituait le fil directeur du livre : c’est la manière dont nous pensions le monde qui donnait sa valeur au monde ! [...] Le livre avait été publié en 1986, à l’époque où les japonais, « les meilleurs imitateurs au monde » étaient au sommet de leur puissance économique. [...] C’est sans doute là que résidait la faiblesse du livre : il correspondait à une époque révolue. Entre temps, il y avait eu le 11 septembre. [...]

Mis à part ces écueils, les idées développées étaient globalement enthousiasmantes : il était possible de contrôler ses sentiments, l’échec n’existait pas, le travail devait être un plaisir, la physiologie permettait de changer ses pensées, ce que l’on consommait influençait ce que l’on était, il convenait de respecter ses valeurs,… De nombreux exercices aidaient en outre à faire le point.

Néanmoins, quelque chose le troubla. [...] Dans la partie sur la complaisance, une phrase le stoppa net : « La sensation de bien-être peut-être l’une des plus désastreuses que nous puissions expérimenter. Qu’arrive-t-il quand on se sent trop bien ? On arrête de se développer, de travailler, de créer de la valeur ajoutée. Ne cherchez pas trop de bien-être. Si vous vous sentez vraiment bien, il y a des chances pour que vous ayez cessé d’avancer »

La réussite supposait-elle donc de se sentir mal ? Fallait-il être malheureux afin de se développer ? Le bonheur était-il contradictoire avec le bien-être ? Il y avait là matière à paradoxe : si je me sentais bien, j’arrêtais d’agir et si j’arrêtais d’agir, je me sentais mal. Donc si je me sentais bien, je me sentais mal… Pas vraiment le genre de réflexion à avoir avant de se coucher. Sam eut du mal à trouver le sommeil…

(Section non retenue dans le conte final)
 


Ces commentaires de textes n'étaient pas inintéressants en soi mais le lecteur risquait de s'endormir par manque d'action. Les aventures de Jean-Jacques et sa rencontre avec le Mendiant ne suffisaient pas à dynamiser un conte qui n'en était pas encore un...

De tous les livres commentés, seul "Propos sur le bonheur" du philosophe Alain atteindra finalement la version finale et uniquement via quelques brefs commentaires de la bibliothécaire.

Entre temps, mon frère Antoine m'avait clairement incité à retravailler le scénario... Je ne sais plus en combien de temps l'idée arriva mais elle arriva et elle s'imposa par son originalité. Le Mendiant venait de se transformer en conte, notamment via l'introduction du fameux Petit Livre Bleu...
 


– Qu’est-ce que c’est que cette histoire de livre ?
– Ne m’avez-vous pas demandé un conseil de lecture ?
– Oui, mais vous avez enchaîné sur des considérations existentielles, répondit Samuel d’un ton bourru.
– Vous m’en voulez de vous avoir surveillé, n’est-ce pas ? Je vous assure que c’est pour la bonne cause. Pour preuve, vous voilà ici. Croyez-moi, jeune homme, beaucoup de personnes payeraient cher pour être à votre place…
– J’accepte les chèques.
– Ne soyez donc pas si sarcastique et écoutez-moi attentivement. Vous ne devriez pas être là. J’ai outrepassé toutes les règles. Si je me suis trompée à votre sujet, cela pourrait me valoir quelques embêtements. Mais j’ai confiance en vous et je suis persuadée que vous ne me trahirez pas. Ai-je raison ?
– Je n’en sais rien et je commence à en avoir assez de vos énigmes…
– C’est votre droit. Vous avez donc le choix entre deux possibilités : soit vous partez et oubliez toute cette affaire – et je vous préviens que vous aurez intérêt à bien l’oublier – soit vous pénétrez avec moi dans cet immeuble et me laissez tout vous expliquer.

Le calcul auquel se livra Samuel ne dura qu’un dixième de seconde. Entre la routine et un semblant d’aventure, il n’y avait pas à tergiverser :
– C’est bon, allons-y !
– Ah, l’impulsivité de la jeunesse ! Je me dois toutefois de vous mettre en garde : si nous allons de l’avant, il n’y aura plus de retour en arrière possible. Ce que vous allez voir peut transformer votre vie.
– Cela tombe bien, je suis libre ce soir.
– C’est bien, l’humour vous sera précieux pour ce que vous vous apprêtez à vivre…

Ils pénétrèrent dans le hall. Aussitôt, un vigile se leva et s’approcha d’un pas rapide :
– Désolé, mais cet endroit est fermé au public !
– C’est bon, Robert, il est avec moi.
– Oh, bonjour Madame Persigny. Excusez-moi, je ne vous avais pas reconnue. Est-ce un nouveau lecteur ? Je sais que je ne devrais pas vous dire ça mais, tout de même, n’est-il pas un peu jeune ?
– Il a l’âge de ses expériences, Robert, et il a lu presque tous nos livres à la bibliothèque.
– Bon, dans ce cas… Évidemment, vous assumerez vos responsabilités…
– Comme d’habitude. Ne t’en fais pas, Robert, rien ne te sera reproché si jamais…
 


Le conte était plus prenant avec des rebondissements multiples mais il était encore loin d'avoir fait le plein... Les dialogues restaient trop longs et touffus tandis que les citations ralentissaient le rythme de l'histoire...  Bref, il y avait encore trop d'idées!

A ce stade, les histoires de Samuel et de Jean-Jacques restaient distincts : on suivait Samuel, puis on suivait Jean-Jacques, un principe narratif trop classique pour être retenu...

Voici justement la première rencontre de Jean-Jacques avec le Mendiant:
 


Il arriva au parc et entama son tour du monde photographique. Son majordome ne lui avait pas menti : le monde, vu du ciel , était saisissant de beauté. Il était bien dommage que l’hélicoptère ne soit pas à la portée de toutes les bourses…

Non mais, c’est pas vrai, encore un !

Un mendiant venait de se planter à côté de lui.
– Mmmm… pas mal, marmonnait-il. Évidemment, ça contraste avec la grisaille de la ville… Et toi, tu en penses quoi ?
Mais à qui parle-t-il ? Pas à moi tout de même… Jean-Jacques fit mine de ne pas avoir entendu. Le mendiant continua :
– Ah, tu n’en penses rien ? Tu as raison : c’est dangereux de penser, ça donne des idées…
– C’est à moi que vous parlez ?
– Non, je parle au type sur la photo. Il a l’air plus heureux que toi.
– Comment ?
– Tu sais, heureux. Regarde, il sourit même.
– Mais qu’est-ce que vous racontez ?
– Cela fait un moment que je t’observe. Tu es la seule personne à faire la gueule devant la beauté de la nature. Ça ne va pas, tu es malade ?

Il se passa alors quelque chose d’étrange dans la tête de Jean-Jacques. Au lieu d’envoyer paître l’impertinent, il le regarda et se dit qu’il avait mieux à faire que de rabrouer un aussi pauvre bougre. D’ailleurs, quel intérêt y avait-il de remettre à sa place quelqu’un qui n’en avait pas ?

Sans compter que ce type n’avait pas tort : il n’était pas en grande forme. Tout de même, se voir ainsi demander de ses nouvelles par un mendiant. C’était vraiment le monde à l’envers ! Il décida de rétablir la hiérarchie :
– Non, non, ça va. Et vous ? Comment vont les affaires ? [...]

– Mais, quand même, cela ne vous dérange pas d’inspirer la pitié ?
– C’est mieux que d’inspirer la haine, non ? Toi, par exemple, avec tes belles chaussures et tes fringues sur mesure, que crois-tu inspirer ? Eh bien, je vais te le dire : tu inspires le désir, l’envie, la jalousie… Moi, j’inspire la générosité et l’entraide. Grâce à moi, les gens se sentent un peu plus humains. Je fais un métier utile, tu sais.
– Évidemment, vu sous cet angle…
– Il faudrait toujours voir les choses sous plusieurs angles. N’existe-t-il pas autant de perspectives que de points de vue ?

Ouais, sans doute, se dit Jean-Jacques. Bon, ce n’est pas tout, mais j’ai accompli ma bonne action, moi. Pas envie de passer pour un Samaritain… Soudain soucieux d’en finir, il se força à abréger l’échange :

 


L'étape suivante fut donc un travail rigoureux d'écrémage pour limiter les idées aux plus essentielles, supprimer le maximum de références extérieures, raccourcir les dialogues, éviter les répétitions, etc. Bref, faire plus court et plus percutant!

 Je parvins finalement - souvent à contrecœur - à supprimer 18 pages tout en rajoutant un chapitre entier.

Ce chapitre me fut suggéré par un relecteur "professionnel" (lui-même ancien éditeur), qui, en plus des remarques précédentes, trouvait que Le Mendiant ne comportait pas assez d'éléments dramatiques et de coups de théâtre... 

Ce chapitre est donc l'un des nouveaux passages destiné à contenter également les lecteurs de thrillers...
 


Cela faisait maintenant cinq minutes que la bibliothécaire était sortie de la pièce et Samuel commençait à trouver le temps long. Il finit par se lever et se dirigea vers la fenêtre. C’est à ce moment-là qu’il remarqua les barreaux.

Le soleil n’était pas apparent mais le ciel était bleu. Quelques pigeons y virevoltaient. En bas, les gens se pressaient comme d’habitude, sans un regard vers le ciel.

Au bout de quinze minutes, Samuel décida que sa patience avait des limites. Il se dirigea vers la porte mais la trouva fermée. Il frappa. Rien. Cogna. Appela. Aucun écho. Il s’attaqua à la fenêtre mais ne parvint pas non plus à l’ouvrir. La défoncer avec une chaise ? Oui, il pourrait faire cela en dernier recours. Les barreaux ne l’empêcheraient pas d’appeler à l’aide. Cette pensée le rassura quelque peu. Il était en pleine ville. Les gens lèveraient la tête.

Il n’empêche que ce qu’il avait redouté arrivait : il s’était fait prendre au piège ! Pourquoi ne s’était-il pas enfui de ce satané hall ? Quelle idée aussi de suivre n’importe qui n’importe où ! Ce qu’il ne parvenait pas à comprendre, c’était le mobile de sa capture et pourquoi lui ? Non, tout cela ne tenait pas debout. Ils allaient réapparaître. La bibliothécaire avait dû recevoir un coup de fil urgent ou quelque chose de ce genre…

On frappa.
– Entrez ! hurla Samuel.

Personne n’entra mais une enveloppe glissa sous la porte. Samuel se précipita, l’esprit en ébullition, le cœur en feu. Il déchira l’enveloppe et déplia la lettre. Alors, il manqua de défaillir. Tout en haut de la feuille, quatre mots le transpercèrent :

Préparez-vous à mourir…

Il jeta aussitôt la lettre, empoigna l’une des chaises et se rua vers la fenêtre. Le coup résonna dans tout l’immeuble, mais la vitre tint bon. [...]
 


Ce ne fut pas le seul changement. En fait, à chaque relecture ou à chaque oxygénation de mes neurones dans la nature, de nouvelles idées s'imposaient...

C'est toute la différence entre un ouvrage "technique" et un roman: le livre pratique accueille l'ensemble des idées et il convient simplement de bien les agencer, avec une méthodologie cohérente. Je m'étais prêté à l'exercice avec l'Alchimie du Succès en  1994 et, une fois en place, les chapitres étaient restés en place!  La relecture ne m'avait pas pris plus de quelques mois...

Le roman ou le conte sont des styles autrement plus complexes dans le sens où chaque mot (ou presque) a son importance et peut être modifié jusqu'au dernier moment, selon des critères qui restent somme tout bien subjectifs... 

"Cent fois sur le métier remettre son ouvrage" dit la formule...  Je n'ai pas compté le nombre de versions différentes mais j'atteins sans doute la vingtaine, étalés sur une période de plus de deux ans!  Mais pourquoi pas après tout, tant que la nouvelle version est plus belle que la précédente ?

C'est vers la fin - forcément vers la fin, lorsque la version soumise est suffisamment aboutie - que l'éditeur, les Editions Jouvence en l'occurence, intervient pour suggérer, par petites touches, des améliorations de formes.

Voici par exemple la dernière mouture de la rencontre entre Jean-Jacques et le malade, ce dernier s'exprimant dans un langage un peu particulier...
 


– [Le malade:] Quelle liberté ? Celle de turbiner à l’usine jusqu’à ce que les patrons vous foutent dehors ? J’ai bossé trente ans à fabriquer des casseroles. Et puis tout d’un coup, pouf ! plus rien. On ferme l’usine, RAS, vous pouvez dégager ! Tout ça parce que des Chinetoques acceptent de se faire encore plus exploiter… La société est vraiment dégueulasse. Quand je pense que les gens préfèrent économiser deux balles pour une casserole fabriquée dans des conditions inhumaines plutôt que d’aider des ouvriers comme nous… On se contrefout de la valeur du travail aujourd’hui : on achète parce que c’est pas cher ou parce qu’on l’a vu à la TV. Les gens sont même prêts à bouffer de la merde pour se payer des godasses à logo…
– Et que suggérez-vous de faire ?
– C’est tout con, mais il faudrait mettre des drapeaux sur nos produits et favoriser la consommation nationale. Il faudrait aussi augmenter les prix des produits étrangers.
– Ça, je ne suis pas sûr que ce soit possible…
– Et pourquoi non ? Si on rajoute à ces saloperies leur coût social, la pollution du transport et un salaire potable pour les ouvriers de là-bas, on arriverait au moins au même prix que les produits d’ici. Avec la différence, on pourrait financer le chômage, l’écologie et même le Tiers-Monde !
– Oui, mais si c’est plus cher, il y aura moins de consommation…
– Il y aura une meilleure consommation : plus de produits de chez nous et moins de chez eux.
– Et donc une guerre commerciale : ces pays refuseront ensuite d’acheter chez nous.
– Et pourquoi ça, puisque nous leur fourguons surtout des trucs de luxe et de technologie ? Ils ont plus besoin de nous que nous d’eux, mais nous sommes trop cons pour le comprendre ! C’est nous qui achetons leurs produits et leur donnons du boulot ! On baisse notre froc sous prétexte qu’ils sont plus d’un milliard et qu’il faut les équiper. On leur file notre technologie pour qu’ils puissent mieux nous entuber avec ! C’est qu’ils ne sont pas bêtes, vous savez. Rusés qu’ils sont ! Et trimeurs avec ça ! En plus, ils n’ont pas de scrupules puisqu’ils sont communistes. Vous avez vu ce qu’ils ont fait au Tibet ? Pourquoi faudrait-il mettre en péril notre économie pour aider ce régime-là ?
– C’est plus compliqué que ça…
– C’est toujours plus compliqué… mais ça devient trop compliqué. Il faudrait retrouver le goût des choses simples et du bon sens. Vous trouvez ça bizarre, vous, de consommer en priorité ce qui est produit localement ? C’est comme avec les étrangers, pourquoi ne pas les aider chez eux plutôt que chez nous ? Ce ne serait pas aussi logique ça ?
– Mais nous les aidons.
– Ouais, on aide les pays qui achètent nos armes ou représentent des débouchés pour nos entreprises. Quant aux autres, ils peuvent bien crever et ils ne s’en privent pas ! Vous avez vu ce qui se passe en Afrique ? [...]
 
Arrivé au bout de ce petit historique, il me reste donc à remercier tous ceux qui, par leurs remarques, leurs critiques et/ou leurs encouragements m'ont poussé à retravailler l'histoire, à peaufiner mon style, à faire prendre au Mendiant de l'altitude. 

Je ne vais pas en dresser la liste mais ils se reconnaîtront. Merci à vous!

Mais est-ce vraiment la fin de l'histoire ?  En fait non!  Après avoir récupéré les droits du livre en 2011, il m'a semblé qu'une nouvelle version était nécessaire... J'avais en effet entre-temps commencé à étudier activement le taoïsme et plus spécifiquement le Daode Jing de Lao Zi... Au regard de ces nouvelles données, le Mendiant se devait de passer du statut de conte philosophique à celui de conte spirituel!

Je retraivaillais donc encore l'histoire, modifiait les dialogues par petites touches et supprimait un certain nombre de rebondissements en fin d'ouvrage pour arriver à une mouture épurée, en adéquation avec l'approche spirituelle. Le Mendiant et le Bouddha est désormais en attente passive d'un éditeur... 

 

auteur[at]lemendiant.fr

 

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